Un investissement de 6 milliards de dollars : Lancement du projet d’exploitation des mines de phosphate

Le projet permettra la création de 2500 postes d’emploi directs permanents,
dont 963 à Hadjar Essoud, 654 à Oued Kebrit et 880 à Bled El Hadba

Le grand projet d’exploitation des mines de phosphate de l’Est du pays sera lancé à partir de Tébessa. Demain sera donné le coup de starter à ce méga projet d’une valeur de 6 milliards de dollars et devant impliquer le partenariat de deux groupes algériens (Sonatrach et Asmidal-Manal) avec deux groupes chinois (Citic et Wengfu) selon la règle de 51/49.

La phase de concrétisation du contrat aura lieu demain à Tébessa alors que l’entrée en activité du projet se fera à partir de 2022. Le projet en question, qui permettra à l’Algérie de devenir un important exportateur de phosphate et ses dérivés, sera doté d’une enveloppe qui sera répartie entre la mine de Bled El Hadba à Tebessa (1,2 milliard de dollars), la plateforme de Hadjer Kebrit à Souk Ahras (2,2 milliards de dollars), la plateforme de Hadjar Essoud à Skikda (2,5 milliards de dollars) et le port de Annaba (0,2 milliard de dollars).

L’objet du projet portera sur «l’exploitation du phosphate extrait du champ de Bled El Hadba dans la wilaya de Tébessa, d’une capacité de 500 millions de tonnes, et la valorisation de cette ressource naturelle à travers la production des engrais, de l’ammoniac, du silicium et autres matières utilisées dans les différentes activités économiques», expliquait, en septembre dernier, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi.

Ainsi, sont prévues, à travers ce projet, «l’extraction de 6 millions de tonnes/an de phosphate de haute qualité de Bled El Hadba, la production de 3 millions de tonnes d’acide phosphorique à Oued Kebrit (Skikda) et la réalisation d’une unité d’accompagnement pour la récupération des rejets fluorés à partir des unités de production de l’acide phosphorique, ce qui permettra de produire 60 000 tonnes d’acide fluorhydrique anhydre (AHF) et 57 000 tonnes de SIO2».  Le projet portera aussi sur la production de 1,2 million de tonnes/an d’ammoniac et 4 millions de tonnes d’engrais.

Selon le contrat établit entre les deux parties, le projet permettra la création de 2500 postes d’emplois directs permanents, dont 963 à Hadjar Essoud, 654 à Oued Kebrit et 880 à Bled El Hadba. Le projet fera de l’Algérie l’un des plus grands exportateurs d’engrais au monde pour un montant de 2 milliards de dollars par an. L’importance du volume de production de phosphate nécessitera le doublement de la voie minière reliant Bled El Hadba à Annaba avant 2022. De même que l’entreprise portuaire de Annaba prévoit dans ce cadre l’extension de 42 ha destinées à l’exportation des produits finis et à l’importation du soufre (1,7 million de tonnes/an).

A l’heure actuelle, l’Algérie exporte à l’état brut son phosphate à raison de 80 dollars/tonne alors que les dérivés de ce minerai sont vendus pour un montant de 800 dollars/tonne. Notons qu’une convention a été signée entre Alger et Pékin en 2016 consistant à aller au-delà des liens commerciaux et visant le renforcement des capacités de production dans différents domaines, dont l’industrie de transformation, l’exploitation des ressources énergétiques et la transformation des produits miniers.

C’est au début de l’année en cours, lors de la réunion de la commission mixte, que le projet d’exploitation du phosphate a figuré sur une liste de cinq projets à réaliser. Les quatre autres projets concernent le port du Centre, la sous-traitance dans la fabrication automobile, les appareils de paiement électronique et l’exploitation de granit et de marbre.

source : elwatan
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